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Black Angus : digital + humain (extrait ADIRA - Zut! no 28)

Innovante et pédagogue, techniquement pointue et humainement investie, c'est peut-être son positionnement stratégique à la croisée des chemins qui permet à l'entreprise Black Angus de se tailler un morceau de choix dans la gestion des données Web et leur utilisation pour l'e-commerce. Rencontre avec Dan Posalski, co-fondateur et CEO de Black Angus.

ADIRA_ZUT_Grand_Partenaire_Black_Angus_©HenriVogt

Votre site annonce « Faites le pas du programmatique ». Est-ce un pas que les gens hésitent encore à franchir ?
Certains hésitent encore parce qu'ils ne connaissent pas très bien le sujet. Notre but premier est de les accompagner à comprendre les enjeux du programmatique pour augmenter leur chiffre d'affaires et générer plus de contacts. D'autres personnes, qui sont un peu plus matures sur le sujet, se posent des questions sur la fraude autour du programmatique, puisqu'il s'agit d'automatisation d'achat d'espaces : notre objectif étant de les accompagner aussi sur ces questions et leur apporter des réponses claires sur les stratégies mises en place.

Est-ce que le fait de récolter des données via la pose de pixels sur les sites Internet est légal ?
Le cadre est très strict et le sera d'autant plus avec une loi européenne en janvier 2018. La récolte et l'exploitation de données a toujours existé, notamment par le biais des banques. Dans 34% des cas cependant les consommateurs se déclarent satisfaits des messages publicitaires justement quand ils sont personnalisés. Il faut savoir que la donnée est toujours anonyme : l'idée est de tracer des comportements plutôt que des personnes. Nous avons fait intervenir un philosophe pendant plus de 6 mois : cela nous a permis d'écrire un livre blanc sur l'exploitation de la donnée et l'éthique chez Black Angus.

C'est quoi la technologie RTB (real time bidding) dont vous parlez sur votre site ?
Sur le Web, il y a des emplacements de bannières : ces emplacements sont vides le temps que vous arriviez sur la page. La publicité va s'y afficher en fonction des données de votre comportement. Nous allons échanger ces données en temps réel pour voir si votre profil de consommateur est celui que nous recherchons. Si c'est le cas nous envoyons une enchère. Plus l'enchère sera haute plus nous aurons des chances de remporter l'emplacement, mais aussi la personne qui se trouve derrière, par l'affichage d'une publicité.

Quelle est la différence entre big data et smart data ?
Nous transformons le volume des données de la big data – les données de masse – pour obtenir de la smart data – des données qualitatives et intelligentes. Le but est de toucher la bonne personne avec le bon message pour atteindre des objectifs de campagne.

Comment est-ce qu'on relie l'e-marketing et le commerce traditionnel in situ ?
D'une part, il est possible aujourd'hui de mesurer le trafic en point de vente provenant d'une campagne e-marketing. D'autre part, les campagnes pour générer du trafic vers le commerce traditionnel peuvent être tactiques : par exemple dans la restauration en mettant en place des campagnes aux horaires adaptés, avec un message contextuel.

Pourquoi est-ce important pour Black Angus d'avoir des bureaux à différents endroits (Paris, Strasbourg, Montréal, Tel Aviv) pour faire des campagnes en ligne ?
Il n'est pas nécessaire d'avoir des bureaux partout pour faire des campagnes à l'international, c'est l'avantage du digital. Cela nous permet d'être à Strasbourg et d'avoir, par exemple, des campagnes au Bangladesh ou au Népal. Cependant, le fait d'être proches de nos clients permet de les rassurer. Il faut rencontrer les clients et leur serrer la main : on ne peut pas juste rester derrière un écran.

Justement, vous apportez des capacités techniques, mais aussi des conseils sur la façon de faire vivre les produits de vos clients lors des campagnes...
Notre positionnement aujourd'hui est d'être une agence média programmatique plus qu'un trading desk. Notre métier se cantonnait auparavant aux bannières publicitaires sur ordinateur : aujourd'hui nous sommes en mesure de faire des campagnes sur les télés et radios connectées. Nous allons aussi avoir un oeil sur la partie créative : bien souvent les annonceurs vont transformer ce qu'ils ont fait pour le print sur le Net, et ça ne marche pas très bien. Nous travaillons alors pour « rendre liquide » la création qui a été développée pour qu'elle soit consommable en publicité digitale.

Avez-vous des échanges de pratiques avec d'autres start-ups sur le Net ?
Nous venons d'obtenir le « digital launch pad » [programme d'accompagnement de start-ups, ndlr] d'OVH, qui est un partenaire important pour nous et bien plus qu'une start-up bien sûr. Au-delà de la partie technologique, Serena, qui est happiness manager chez nous, fait des rencontres avec ceux d'autres start-ups pour confronter les manières de travailler dans des environnements qui ont besoin d'aller vite, d'être en changement permanent, mais de suivre la bonne direction pour ne pas se planter. Nous passons beaucoup de temps ensemble, il faut donc trouver le meilleur modèle pour que tout le monde soit bien.

Comment voyez-vous l'avenir du Web et du e-commerce ?
Très conversationnel. Les GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple) nous font adopter des usages spécifiques en mettant entre nos mains nos smartphones ou des applications particulières.

Par Marie Bohner
Photo : Henri Vogt


 Cet article est extrait du magazine hors-série ADIRA-ZUT ! 2016 dédié à l'attractivité économique de l'Alsace.

 

 

 


 

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