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Avec l'Open innovation, est ce qu'on va me piquer mes idées ?

C'est sur cette question un peu provocatrice que l'ADIRA, Alsace Digitale,  l'INPI, le Technopole de Mulhouse ont organisé une conférence dans le cadre des focus Industrie 4.0 à Mulhouse. Autour d'une quarantaine de dirigeants d'entreprises, Philippe BORNE de l'INPI, Julien PENIN du BETA, Pierre WOEHL, responsable de l'innovation de Merck, ont présenté le concept d'innovation ouverte sous l'angle de la propriété industrielle.

Open innovation Mulhouse - Julien PENIN du BETA

Le lien entre l'open innovation et la propriété industrielle est un sujet peu traité. Il est pourtant essentiel, dans un monde extrêmement mouvant où se développer grâce à l'innovation, nécessite pour les entreprises de trouver des modes de collaboration entre PME, groupes, start-up, laboratoires, universités,...

La croissance des réseaux numériques a permis de multiplier les contacts et les possibilités de capter de l'innovation. C'est un progrès spectaculaire : le monde entier peut potentiellement répondre à des problématiques. Si la propriété  industrielle permet de tracer ce qui a été réalisé et par qui, la complexité est plus grande lorsqu'une multitude d'acteurs intervient dans le processus d'innovation. Quelle attitude adopter, faut-il s'ouvrir complètement, ne plus se protéger ?

Plutôt que de parler d'open innovation ou d'innovation ouverte, il serait plus juste d'utiliser le terme d'innovation distribuée.  Elle ne repose pas sur des individus isolés, mais est répartie sur un grand nombre d'acteurs (centres de recherche, clients, fournisseurs, entreprises,…) qui interagissent, coopèrent et  échangent des connaissances. C'est bien  le processus qui est ouvert et non pas le produit.

Dans un modèle d'innovation fermée, les frontières de l'entreprise sont imperméables. Elle gère en interne, des projets de recherche à la mise sur le marché. Ce modèle se base sur une protection maximale, une volonté de contrôler l'innovation et sur le principe que c'est à l'entreprise de valoriser elle-même son innovation.

Il  est aujourd'hui en opposition avec le modèle d'innovation ouverte qui permet à des flux entrants et sortants d'interagir dans le processus d'innovation. Il s'agit de rechercher des connaissances,  expertises, technologies  développées en externes pour compléter les compétences de l'entreprise mais aussi d'utiliser des cheminements externes pour aller vers le marché. Ce sont des actifs complémentaires qui génèrent de la valeur. Par exemple, la création de licences qui donnent la possibilité à un autre acteur mieux à même de commercialiser le produit que sa propre société de le faire. Cela peut être notamment le cas d'une jeune entreprise ou d'une start-up qui a une capacité commerciale insuffisante. 

La propriété industrielle a toute sa place dans un système d'open innovation car il ne s'agit pas de tout partager, ni de tout communiquer. L'ouverture n'est pas forcément naturelle et présente de nombreux risques potentiels. On peut d'ailleurs estimer qu'un élément essentiel dans ce domaine est de bien maîtriser l'écosystème.

Ce sont des contractualisations qui vont régir les échanges entre les partenaires, elles sont nécessaires pour bien sécuriser les interactions. Ainsi, la propriété intellectuelle et notamment le brevet,  facilite les échanges marchand et non marchand  de technologies. Un des enjeux est dans la bonne conception des brevets qui sont parfois mal définis. On notera aussi le rôle croissant des intermédiaires (pôles de compétitivités, SATT,…) qui permettent de faciliter l'innovation ouverte. 

L'exemple du groupe MERCK illustrait particulièrement bien le processus d'open innovation. Tout en gardant une recherche et développement interne forte, l'entreprise pratique de façon régulière l'innovation ouverte en mettant en œuvre des outils variés : accélérateurs, incubateurs, investissements dans des start-up, programmes collaboratifs, hackathons, innovation avec les fournisseurs. Les contractualisations existent et sont variables en fonction de l'avancée des projets et des collaborations. En  créant un réseau important de partenaires extérieurs à l'entreprise, en détectant des potentialités, le groupe innove, se développe sans pour autant prendre le contrôle des entreprises ou des idées. 

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