L'ADIRA, 60 ans au service des entreprises et des territoires

DNA

Les DNA ont publié samedi 27 février 2010 un article sur les 60 ans de l'ADIRA.

"ADIRA, une doyenne encore sexy

L'Agence de développement économique du Bas-Rhin (Adira) fête cette année soixante ans d'existence. Cet organisme dont le budget est porté principalement par le conseil général, le conseil régional et la communauté urbaine de Strasbourg est la plus ancienne agence de développement française.

L'Adira a soixante ans. Et cette longue vie a été marquée de bien des changements, inspirés par la nécessité d'adapter constamment cet instrument à l'évolution du contexte économique et aux attentes des territoires qu'il sert. L'agence, on ne parle plus guère aujourd'hui de « comité d'expansion », ne porte son nom actuel que depuis 1968. Elle a été régionale de 1968 à 1977, elle a connu une période très intense de prospection internationale avant de se recentrer sur le développement endogène du département. Elle a accompagné des phases d'extraordinaire expansion mais aussi toutes les crises vécues par l'Alsace depuis l'après-guerre, s'efforçant de trouver des solutions. Elle a été longtemps tournée vers l'industrie, tout en travaillant très tôt, et à cet égard en précurseur, avec la recherche et l'enseignement supérieur. Elle prend aujourd'hui toute la mesure du tournant tertiaire, entamé en Alsace avec un certain retard.

Plasticité face au changement

A la lecture de cette histoire, ce qui frappe, c'est la plasticité de l'association au fil des années et son aptitude constante à entendre les besoins des entreprises et à les aider. Ceci tout en restant un organisme modeste en taille, et qui n'a consommé qu'un nombre restreint de présidents, pour l'essentiel Auberger, Wenger-Valentin, Bord, Hoeffel et Grignon. Ils ont en commun d'avoir adapté assez aisément le comité d'expansion aux nouvelles donnes de l'économie et de la politique.

A l'origine, le 27 octobre 1950, on trouve un certain Pierre Pflimlin, alors député du Bas-Rhin et ministre de l'Agriculture, qui lance le Comité d'étude et d'action pour l'économie alsacienne (CEAEA). Il rassemble autour des deux préfets des personnalités du monde des entreprises : réunion de volontés publiques et privées dans un objectif d'intérêt général, singulièrement le développement de l'emploi, cet alliage est toujours vivace 60 ans plus tard. Pierre Pflimlin répond en fait, le premier en France, à l'appel des idées nouvelles lancées par le ministre de la Reconstruction Eugène Claudius-Petit, qui préconise un plan national d'aménagement du territoire.

Une dimension prospective

Plus tard, en 1953, le CEAEA se scinde, donnant naissance au CAHR dans le Haut-Rhin, qui a poursuivi sa route, et le Centre régional de productivité de Strasbourg. Cette section se transforme en 1955 en Comité pour l'économie bas-rhinoise dont la direction est confiée à René Uhrich. A la fois intellectuel et engagé dans l'action, auteur de nombreux ouvrages, l'homme va durablement marquer l'agence de développement naissante de son empreinte. En particulier une vive attention portée à la réflexion prospective, qui reste présente aujourd'hui. Et puis les élus ont besoin d'outils à leur main. En 1968, est créée l'Association de développement et d'industrialisation de la région Alsace, qui coordonne les deux comités d'expansion départementaux. Neuf ans plus tard, une nouvelle Adira se crée, à vocation départementale, tandis que sont dissous les comités antérieurs... On le voit, le balancier territorial ne date pas d'hier.

On ne s'en souvient plus guère aujourd'hui mais, en 1955, l'Alsace comptait 55 000 salariés dans le textile. Beaucoup pressentaient et redoutaient l'affaiblissement de cette industrie. Il fallait à tout prix implanter de nouvelles activités plus porteuses d'avenir : l'automobile, la pharmacie, la mécanique, l'équipement électrique, au niveau mondial, voient dans l'Alsace un territoire singulier, bien situé, offrant une main d'oeuvre abondante, des terrains, de l'énergie bon marché. L'industrie allemande puis des groupes américains le comprendront très bien. Ce qui vaut parmi tant d'autres l'implantation d'INA Roulements, en 1958, de Scherer, en 1964, de Lilly, en 1968. Année faste, celle-là, et les événements de mai n'ont pas dissuadé les investisseurs américains qui ouvrent également General Motors. En 2000, pour ses cinquante ans, l'Adira avait estimé à 40 000 le nombre d'emplois créés depuis 1950, dans 400 entreprises nouvelles.

Un nouveau projet

Depuis dix ans, s'il ne s'est pas tari loin de là, le rythme s'est ralenti avec des implantations plus petites, des projets parfois plus volages. La concurrence entre les régions européennes, les Alsaciens ne s'en rendent pas toujours compte, est cent fois plus intense qu'en 1950. En 2010, l'Adira est recentrée sur le département, le développement du tissu économique et l'accueil des investisseurs, la prospection étant assurée par Alsace International. Elle a resserré son conseil d'administration, défini un projet stratégique, expédié ses chargés d'affaires sur le terrain, prouvé son utilité sur les dossiers les plus chauds. La doyenne a réglé sa montre à l'heure du numérique et joue la modeste. On reste dans le Bas-Rhin, tout de même."

Antoine Latham

Téléchargez l'article dans l'édition des DNA du 27 février 2010.

Retrouvez les 60 portraits mis à l'honneur dans les DNA au cours de l'année à l'occasion des 60 ans de l'ADIRA. Ces portaits d'entrepreneurs reflètent la diversité de l'économie alsacienne.

 

60 ans de l'adira

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