Le Département du Bas-Rhin est très engagé pour le développement économique. L'ADIRA a sollicité le nouveau Président du Conseil Général du Bas-Rhin sur sa vision concernant la création d'emplois et de richesses dans notre département.
Monsieur le Président, comment voyez-vous l’action des Départements alsaciens en matière d’économie ?
En Alsace, les Départements sont traditionnellement extrêmement engagés sur le front du développement économique, en direct ou, permettez-moi de vous le rappeler, à travers leurs agences de développement, ADIRA et CAHR, les deux plus anciennes de France.
Si la Région est dorénavant la Collectivité coordinatrice des politiques économiques, il suffit de lire avec attention le Schéma Régional de Développement Economique voté en 2006 et de regarder qui finance quoi pour se convaincre que les Départements sont présents sur la quasi-totalité des thèmes : infrastructures et réseaux de circulation des personnes, des marchandises et de l’information, économie de la connaissance et diffusion des savoirs scientifiques et technologiques, aménagement foncier et immobilier, prospection et promotion internationales, préservation de l’environnement et développement durable…
Plus précisément, quelles sont les principaux champs d’intervention du Département du Bas-Rhin au service des projets économiques des entreprises et des territoires ?
Le développement économique est un levier fort des politiques d’aménagement du territoire et de développement local. La politique économique du Conseil général vise à améliorer l’environnement des entreprises, faciliter leur implantation ou leur extension sur l’ensemble du territoire bas-rhinois, accompagner les mutations économiques. Le Département s’appuie sur des outils adaptés, tels que les aides à l’immobilier d’entreprise et aux zones d’activités, le programme des plates-formes départementales d’activités, l’animation économique, et des moyens financiers importants, de l’ordre de 20 M€ en 2007, pour accompagner et soutenir un développement économique équilibré et durable.
L’action du Département paraît pourtant parfois un peu méconnue des entreprises…
Le Département intervenant souvent aux côtés d’autres Collectivités, notamment les communes et communautés de communes, pour la réalisation et le financement d’infrastructures d’accueil des entreprises, terrains (zones d’activités communales, intercommunales, parcs logistiques ou de tertiaire supérieur, plateformes départementales d’activités) ou bâtiments (rénovation de friches industrielles, pépinières, hôtels et villages d’entreprises, bâtiments relais et crédit-bail immobilier Alsabail avec avances remboursables sans intérêts), ses interventions peuvent être sous-estimées ou mal identifiées par les entreprises bénéficiaires, de plus généralement surtout sensibles aux subventions et aides directes. Mais ce n’est pas le plus important, et je n’attends pas qu’on nous jette des fleurs. L’essentiel pour moi est que l’argent du contribuable soit bien investi, pour que nos entreprises puissent grâce à de bonnes conditions locales préserver et créer des emplois de qualité à travers les divers territoires qui composent le Bas-Rhin.
Qu’est-ce qui vous permet de dire que vos interventions dans ce domaine sont efficaces ?
Les terrains aménagés aux quatre coins du Bas-Rhin avec le soutien technique et financier du Département se vendent bien, car ils sont de qualité et bien positionnés géographiquement et en termes de prix. Nous devons même mettre en place des comités de sélection des projets car il y a plus de demande que d’offre. Nous enregistrons ces derniers temps de nombreuses implantations venues d’autres régions de France. Nous privilégions les entreprises les plus sérieuses, qui créent des emplois de qualité, investissent et innovent, et prennent en compte les impératifs de développement durable.
Il en va de même pour les surfaces disponibles en pépinière ou hôtel d’entreprises, qui trouvent rapidement preneurs et permettent à de jeunes pousses de germer, préparant les emplois de demain.
Ces bons résultats m’encouragent à aller plus loin, mais les ressources financières et foncières, et la capacité d’absorption des infrastructures d’accès, sont limitées. Nous progressons donc méthodiquement, en concertation avec les divers acteurs locaux, par « contrats de territoire », autour de priorités partagées.
En dehors de vos interventions directes, sur quels outils vous appuyez-vous dans votre action économique ?
Pour agir efficacement, il faut des équipes compétentes et motivées. J’ai la chance d’être entouré de conseillers généraux et d’agents des services du Conseil Général qui connaissent bien les territoires et leurs problématiques économiques, mais aussi de pouvoir faire appel aux compétences d’organismes spécialisés, financés pour tout ou partie par le Département.
Pour le travail quotidien avec les entreprises, mes collègues et moi, ainsi que nos services, nous appuyons sur l’ADIRA, notre agence de développement économique. L’ADIRA dispose d’une large autonomie d’action, dans le cadre d’un contrat d’objectifs annuel, mais travaille en étroite synergie avec les élus et les services du Département. Les contacts sont quotidiens.
L’ADIRA accompagne pour notre compte et avec notre appui des créations, des implantations et des développements d’entreprises, des actions collectives en faveur de l’innovation et de la compétitivité des entreprises bas-rhinoises, mais aussi des restructurations ou reprises d’affaires en difficultés, sujet éminemment sensible. Elle apporte son vécu de l’Entreprise dans nos réflexions d’aménagement foncier et immobilier, et de façon générale dans la conception et l’implémentation de nos politiques économiques.
Il y a aussi Alsabail, notre outil de financement de l’immobilier d’entreprise, et l’ADEC, en Alsace du Nord, très impliquée en matière de TIC, d’énergies renouvelables et de coopération transfrontalière et européenne.
Pour la prospection des investisseurs étrangers et le soutien à l’internationalisation de nos PME, nous nous appuyons sur Alsace International, créée en 2007 en commun avec la Région Alsace et le Département du Haut-Rhin.
En matière de rayonnement extérieur, nous comptons aussi sur la Maison de l’Alsace sur les Champs-Elysées, qui va être rénovée pour devenir l’ambassade des atouts touristiques et économiques alsaciens à Paris. Un programme de promotion économique de l’Alsace à Paris et dans les régions françaises est d’ailleurs en cours de lancement, à l’initiative de l’ADIRA, du CAHR et de la Maison de l’Alsace.
L’action de ces organismes est pilotée et contrôlée par les élus du Département et par notre Direction de l’Economie et du Rayonnement International.
Globalement, êtes-vous optimiste pour l’économie bas-rhinoise ?
L’économie bas-rhinoise fait partie d’une économie globale, ouverte et mondialisée, où les défis à relever sont multiples et colossaux. Beaucoup de leviers échappent au niveau local, mais notre territoire dispose d’atouts certains ainsi que d’entrepreneurs privés et publics, les conseillers généraux en particulier, décidés à faire avancer les choses.
Je prends donc le parti de l’optimisme, même si je vois au quotidien se succéder bonnes et mauvaises nouvelles. Je constate que ces dernières sont plus remarquées, et c’est normal, car –s’agissant des annonces de suppressions d’emplois- elles affectent des familles entières de concitoyens, parfois des territoires entiers ainsi fragilisés, qu’il ne faut pas laisser au bord de la route. Mais il y a aussi de très beaux projets qui aboutissent, notamment grâce à l’aide du Département.
Je suis avant tout un pragmatique, donc je me concentre sur les domaines où le Conseil Général peut avoir un impact significatif, et c’est déjà un job à temps plein ! Cela dit, je souhaite qu’on sache que je me tiens à la disposition des innovateurs et des entrepreneurs et que je serai toujours là pour soutenir au maximum toute initiative créatrice d’emplois et de richesses pour les Bas-rhinois.